samedi 3 décembre 2016

Les Français devront apprendre à vivre sans "l'état providence" ---



Fillon vainqueur de la primaire : qui du renard libre ou du fermier menace le plus le poulailler libre ?

La victoire de François Fillon à la primaire de la droite a engendré une grande levée de boucliers chez de nombreux observateurs inquiets de voir leur cher Etat-providence menacé par un tel candidat.

Publié par atlantico le 1er décembre 2016

La presse est unanime : le renard rôde dans le poulailler. Depuis que François Fillon a remporté la primaire de la droite et du centre, la menace revient en lame de fond. De cet ultra-libéralisme conquérant, on entendrait presque mugir les féroces soldats qui viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. La gauche sonne le tocsin. Les centristes – dont personne ne connaît le programme, en ont-ils un ? - aimeraient bien sonner aussi le tocsin mais ils jouent leur survie avec cette victoire inattendue d’une figure des Républicains qu’ils avaient enterrée un peu tôt. Les jeunes UDI ont rejoint l’autre labellisé "libéral", Emmanuel Macron, tandis que les plus vieux se voient contraints de rallier celui qu’ils dénonçaient hier comme ultra-libéral - et ultra-conservateur en bonus, ça ne mange pas de pain - pour avoir l’assurance d’être réélus. Décidément, le renard va avoir un Noël bien garni.
Premier paradoxe : ceux qui hurlent après la menace quasi-terroriste du libéralisme galopant sont aussi ceux qui dénoncent la dérive libérale du pays depuis 20 ans. Il faudrait savoir. Si nous sommes déjà sous l’emprise des affreux libéraux, le pire est déjà là. Quelques indicateurs nous permettent d’en douter. L’Etat et ses satellites dépensent 57% de toute la richesse produite en France, plus de 5 millions de fonctionnaires au statut d’intouchables, une école à l’organisation quasi-soviétique, une assurance-maladie monopolistique, une retraite quasi-exclusivement par répartition, une liberté d’expression bridée, une absence criante de séparation des pouvoirs, planification du logement - un logement sur cinq est "social" -, un hygiénisme d’Etat-nounou qui s’est approprié les règles de notre bonheur depuis bien longtemps.
Les faits sont là, l’Etat français est un Etat socialiste : étatiste, liberticide, égalitariste. Sur cette mauvaise pente, nous risquons un jour un effondrement aussi brutal que la Roumanie sous Ceausescu. Au fléau de la pauvreté de masse, nous devons ajouter celui du chômage structurellement élevé, de l’exode des Français, du mal-logement, de la consommation record d’anxiolytiques - et de drogues -, un taux élevé de suicides, un ascenseur social en panne, une corruption galopante et des banlieues à l’urbanisme stalinien au bord de la guerre civile. Sans parler des jeunes qui trouvent dans le djihad un idéal désespérant à défaut de trouver matière à rêver dans notre république. Le poulailler France n’a pas pour premier ennemi le renard, mais bien le fermier - intrusif et planificateur. N’est-ce pas le thème de bataille de l’association L214 contre la maltraitance animale ?
Le second paradoxe de ces contempteurs du libéralisme, c’est qu’ils piétinent la liberté des citoyens en leur tenant un discours moralisateur qui leur fait croire que ces interdictions et ces charges les rendront plus heureux. Mais au fond, la liberté est-elle nuisible à l’Homme ? Il est vrai que c’est difficile de répondre après avoir été biberonné toute sa vie au tout-Etat. Lorsque le mur de Berlin est tombé, combien d’Allemands de l’Est savaient ce à quoi ressemblait l’Allemagne de l’Ouest ? La philosophie libérale promeut l’émancipation des personnes, la protection de leurs droits fondamentaux contre l’arbitraire et la violence – fut-ce celui ou celle d’un Etat prédateur –, l’égalité des chances et la poursuite individuelle du bonheur. Qui peut souhaiter le contraire ? Pourtant, cette pensée aussi riche qu’ancienne reste honnie par une petite caste parisienne qui se prétend éclairée, qui sait mieux que tous comment chacun doit vivre pour être heureux. Et qui reste hélas fortement dominante par son influence.
Lors de la bataille opposant Alain Juppé à François Fillon, certains journaux ont osé comparer le prétendu libéralisme de l’un à celui de l’autre. Qui peut déceler la moindre trace de libéralisme dans le projet d’Alain Juppé ? La vision de ce technocrate des temps anciens se voulait apaisée, progressive, en fait acceptable pour le système organisé de rentiers qui paralysent la France depuis tant d’années ! Ceux qui se sont déplacés ont exprimé un refus clair et net de cette "identité heureuse"… et stagnante. L’ordre établi ne pouvait perdurer à leurs yeux, d’autant que c’était eux qui en réglaient la facture. La liberté ne reviendra qu’au terme de combats difficiles avec les forces obscures du statu quo.
A l’opposé, la vision de François Fillon propose de réels changements, même s’ils restent modestes face aux enjeux. Si elle n’est pas profondément libérale, elle a l’audace de s’inspirer des pistes insufflées par d’authentiques libéraux. C’est vrai, il faut l’admettre : un programme libéral ne peut être tendre pour ceux qui vivent de leurs avantages chéris… et chèrement payés par les autres. Il ne peut tolérer qu’autant de monde vive de l’argent public sans n’avoir jamais de comptes à rendre, de remise en cause à faire, d’efforts ou d’évolutions à réaliser pour améliorer les services rendus aux Français. Un projet libéral vient bousculer une multitude de rentes, de privilèges, de connivences et d’ententes qui se font tous sur le dos du pays. Ce n’est pas un hasard si les libéraux parlent de "thérapie de choc", de "choc de confiance", de "choc fiscal". La France a besoin d’être secouée de sa torpeur, soignée de son mauvais gras, libérée de ses carcans qui la font mourir lentement. Et la période de sevrage n’est jamais agréable pour ceux qui ont été si longtemps des junkies de la dépense publique.
Les remèdes libéraux ne sont pas tendres pour ceux qui profitent du confort – parfois modeste mais toujours garanti – que leur offre – à nos frais – notre bureaucratie. La France qui bosse – et fait bosser son épargne – contre celle qui vit sur son dos grâce aux taxes et aux normes abusivement contraignantes imposées par des lobbies économiques proches du pouvoir. Ce n’est pas de l’égoïsme, contrairement à ce que prétendent les anti-libéraux de droite comme de gauche qui s’accrochent à leur univers privilégié et protégé. C’est la justice la plus élémentaire. Des alertes ont révélé que le niveau de saturation des citoyens avait franchi un seuil. Recul du consentement fiscal, saturation face à la multiplication des formes de harcèlement administratif, routier et autre. Des pigeons – qui sont vite rentrés dans le rang – aux bonnets rouges, les mouvements de contestation de citoyens ordinaires se sont multipliés récemment. Ils ne comprennent plus pourquoi bien plus de la moitié de la valeur de leur travail ou du revenu de leurs investissements sont ponctionnés arbitrairement par un Etat obèse qui leur rend – leur impose – des services si médiocres.
Pourquoi ne choisiraient-ils pas eux-mêmes leurs prestataires ? Quand les cliniques privées soignent mieux et offrent un meilleur accueil pour des coûts de 30 à 50% inférieurs aux coûts de l’hôpital public (qui accumule néanmoins 30 milliards de dettes), quand les écoles sous contrat produisent un enseignement de meilleure qualité pour un coût annuel moyen inférieur de 30% à celui de l’école publique – avec des enseignants souvent plus épanouis –, quand "leboncoin.fr" vous trouve un emploi plus rapidement que Pôle Emploi, la question du libre choix de son assurance-santé, de l’école de ses enfants et de la plupart des services non régaliens se pose avec acuité. Les temps changent, l’ère des monopoles se termine. Le renard semble bel et bien rentré dans le poulailler… mais celui des secteurs à l’abri de la concurrence, service public ou monopoles privés, qui encadrent et dégradent la vie des Français. Espérons que le vainqueur de la présidentielle, quel qu’il soit pourvu qu’il porte cette étiquette libérale, aura le courage de substituer un modèle économique et social libre, ouvert et concurrentiel à l’injustice d’un Etat-providence à bout de souffle.
Place à la concurrence, à l’innovation, à la liberté de choix. Arrêter "d’emmerder les Français" comme le clamait Georges Pompidou, c’est rendre leur liberté de choix aux Français, leur liberté de s’exprimer, avec intelligence ou non, leur liberté de vivre leur vie et leurs rêves – parfois leurs vices –, bref de choisir leur destin. L’Etat ne doit plus être là pour les juger, ni pour les "rééduquer", mais pour protéger leurs droits fondamentaux. Rien de plus.

Par Aurélien Véron, article paru dans atlantico le 1er décembre 2016
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vendredi 25 novembre 2016

Etes vous pour un projet ambitieux de réduction de la dette et de libération de la croissance ? ---



La dette française est un véritable cancer, laissé de côté par la quasi intégralité des candidats (déclarés ou non) à la présidentielle. Le sujet, pourtant primordial, n'est d'ailleurs pas abordé par les deux finalistes de la primaire de la droite... puisque le seul à s'en soucier est taxé d'ultralibéralisme.

Publié par atlantico le 24 novembre 2016

un des enjeux les plus importants des prochains scrutins – en particulier la présidentielle - est hélas aussi l’un des moins glamours. C’est celui de la dette qui monte, qui monte,inexorablement, sans relâche, sous tous les gouvernements, de droite comme de gauche, en période de croissance comme en récession. Les mauvais augures en ont tellement parlé que plus personne n’y prête attention. Qui peut imaginer la France en faillite ? Jamais, pensez-vous ! Et pourtant, la dette grimpe et elle grimpe dangereusement. Le jour où nous serons pris à la gorge par nos créanciers, ce sera un vrai cauchemar pour tous. L’histoire – particulièrement en Europe - nous montre que les crises d’insolvabilité se terminent souvent mal.
Si nombre de Français se sentent écrasés par les impôts et les taxes, ils n’imaginent pas que leurs efforts nous laissent très loin du compte. L’Etat vit très largement au-dessus de leurs moyens. Il dépense à crédit cette année depuis le 9 novembre – et ce, jusqu’au 31 décembre - selon l’Institut Molinari. En clair, chaque fois que les administrations publiques dépensent 100 euros, le découvert augmente de 15. Supérieure à 2.150 milliards d’euros, la dette publique approche des 100% du PIB qu'elle va dépasser dans les prochains mois. Le compteur tourne rapidement pour ce qui n’est que la partie émergée de l’iceberg.
La dette invisible de l'État - dite "hors bilan" - est encore plus importante. Elle intègre les nombreux engagements à venir, par exemple les retraites de la fonction publique dues et non compensées par des cotisations futures. Elle apparaît discrètement dans divers rapports  : celui de Michel Pébereau en 2005 ou, plus institutionnel, celui de la Cour des comptes qui l’estimait proche de 150% du PIB, soit 3.100 milliards à ajouter, de façon à atteindre le total de 4.923 milliards ! Chaque habitant porte sans le savoir plus de 80.000 euros de dette à la louche. Vous croyez payer trop d’impôts ? Ce n’est rien à côté de ce qui vous attend pour rembourser cette dette colossale.
Elle est d’autant moins perceptible qu’elle ne coûte pas cher en intérêts : 44.5 milliards "seulement" cette année. C’est en partie grâce au travail de la BCE qui a écrasé artificiellement les taux d’intérêt en faisant massivement tourner la planche à billets ces dernières années. Elle a déjà imprimé pour 10.000 euros d’argent neuf - ne correspondant à aucune création de richesse - par habitant de la zone euro pour acheter elle-même avec cette "fausse monnaie" une grosse partie de la dette visible. Qu’une institution publique achète de la dette publique avec de l’argent fabriqué ex-nihilo ne semble hélas choquer personne. En tout cas personne au sein de la classe politique. Ce laxisme a favorisé leur culture de l’immobilisme. Les élus peuvent ainsi continuer à pouvoir acheter leurs électeurs à coup de cadeaux électoralistes – pardon, de promesses électorales - financés à crédit et repris par la BCE dans son bilan. 
Ce jeu de bonneteau monétaire ne durera pas éternellement, sauf à changer les statuts de la BCE et à faire de l’euro une devise aussi crédible que celle d’un pays en voie de développement. Les taux remonteront un jour et la fête s’arrêtera brutalement pour les gouvernements dépensiers comme le nôtre – alors que le gouvernement allemand profite de sa croissance pour réduire sagement sa dette à elle. L’élection de Donald Trump illustre bien la fragilité du niveau artificiellement bas de nos taux d’intérêt. L’euphorie qui a suivi - boost de croissance attendu du choc fiscal et des déréglementations promis – a fait bondir les taux américains et, mécaniquement les taux européens. Un événement à quelques milliers de kilomètres de chez nous a presque doublé le taux de nos obligations à 10 ans bien de chez nous, de 0.45% environ à presque 0.90% avant de redescendre aux alentours de 0.75%. Si cette minuscule hausse nette de 0.30% s’appliquait à l’intégralité de la seule dette visible française, elle engendrerait un trou fiscal de 6 milliards d’euros en année pleine.
Ne nous leurrons pas. Cette bulle financière ne durera pas éternellement. Personne ne peut prédire d’où viendra le déclencheur de la remontée des taux – dégradation de la notation de la France, drame politique national ou européen… -, ni quand elle arrivera. Tant que la musique tourne, les gouvernements dansent. Lorsque les taux grimperont, ils ne le feront pas de 0.30% ou de 0.50% mais probablement de 2, 3 ou 4% en quelques semaines, au mieux quelques mois, ils plomberont le budget des administrations publiques de dizaines de milliards d’intérêt supplémentaires à régler à des créanciers anxieux. Ce sera un krach brutal qui nous prendra tous de court. Les économistes nous diront qu’ils l’avaient bien prédit (mais ils l'ont gardé pour eux). Bercy acculé devra réaliser des arbitrages - coupes sombres - considérables dans la panique pour pouvoir régler (ou non) les salaires des fonctionnaires.
L’urgence consiste donc à résorber cette menace. Il y a trois manières principales de le faire. Disons tout de suite que la première, l’augmentation de la fiscalité, est une impasse. La saturation fiscale des Français est telle que toute nouvelle hausse découragera l’activité et affaiblira les recettes qui en découlent, comme l’illustre bien la fameuse courbe de Laffer. Sans parler des révoltes du type "bonnets rouges" qu'elle susciterait. La deuxième, baisser les dépenses publiques, s’annonce aussi douloureuse que nécessaire. L’Etat français et ses dépendances dépensent 57% du PIB contre 44% en Allemagne (presque 300 milliards d’euros d’écart à notre échelle). C'est le taux le plus élevé de la planète derrière le Danemark, Cuba, la Corée du nord et quelques îles du Pacifique. Le régime drastique que nous devrions imposer à l’Etat exige de réviser son périmètre et son organisation pour le recentrer sur ses missions strictement régaliennes et améliorer la productivité de ses administrations. L’Etat providence doit refonder l’architecture de la protection sociale et en réduire le coût. Il ne s’agit pas de diminuer le nombre de professeurs, de policiers, de médecins ou de militaires mais de les faire travailler autrement et, surtout, de s’attaquer à la bureaucratie considérable qui les enserre et asphyxie le pays.
La troisième voie, la plus simple et la moins difficile – à part buter sur l’idéologie d’étatistes indécrottables -, c’est de ne plus rester le cancre européen de la croissance et de l’emploi. En libérant les rouages de l’activité, nous retrouverons une la croissance forte qui présentera le double avantage de faire reculer les dépenses sociales – baisse du chômage et de l’exclusion -, et progresser les recettes fiscales tirées des ménages plus dépensiers et des entreprises qui recommencent à investir, à sortir de bons résultats et à embaucher. Au contraire, les relances par la dépense publique et l’embauche de fonctionnaire ont toute failli et mené leur pays à la catastrophe. Les recettes de la croissance sont universellement libérales. Aucun pays n’a fait exception.
Ce dernier axe ne coûte quasiment rien aux contribuables. La baisse et la simplification de la fiscalité, en particulier sur le capital productif, peut accroître le déficit à très court terme avant de le réduire avec une ampleur plus grande par les bénéfices issus de cet investissement. Mais toutes les autres mesures pro-croissance sont indolores pour le budget de l’Etat. Tailles dans les réglementations qui justifient la bureaucratie – contrôle, encadrement, sanctions – sans réelle valeur ajoutée pour les citoyens et les consommateurs, abolition des rentes -monopoles et professions protégées -, substitution du contrat  à la loi autant que possible, en particulier en matière de réglementations du travail. Etc.
Chaque électeur a une responsabilité pour éviter le scénario catastrophe. Celle d’exiger des candidats un programme qui s’attaque clairement au cancer de la dette. Sa résorption repose sur davantage de liberté et de confiance dans notre société. La France ne pourra rester bureaucratique et jacobine si elle veut retrouver une dynamique capable de restaurer la cohésion sociale… et chasser ses vieux démons autoritaires qui ne nous promettent rien de bon. Ceux qui suivent les finalistes de la primaire des Républicains doivent s’affranchir des débats sociétaux stériles actuels. Ni l’un, ni l’autre ne sont de grands défenseurs des libertés individuelles. Aucun ne s’est opposé à la loi LOPPSI 2, renseignement ou au fichier biométrique TES récent. En revanche, seul l’un des deux propose un projet ambitieux de libération de la croissance et de réduction de la dette. Il s’appelle François.

Par Aurélien Véron, article paru dans atlantico le 24 novembre 2016

lundi 21 novembre 2016

Budget 2017 ? Irresponsable et dangereux si les députés le votent ---

Logo CA Trop de D 400
 
Chère Madame, cher Monsieur,
Chers amis de Contribuables Associés,
Cette année, le Père Noël est en avance…
… car l’élection présidentielle approche.
La mauvaise nouvelle ? C’est VOUS qui allez régler l’addition.
Oui, ce sont VOS impôts qui vont servir à offrir des cadeaux clientélistes par milliers.
Si vous êtes comme moi, vous vous interrogez.
Où sont donc passés les 100 milliards d’euros d’économies nécessaires pour redresser le pays ?
Oubliés… alors même que le gouvernement français actuel est le premier à donner des leçons budgétaires aux autres pays de l’Union européenne.
Un comble !
Pire encore : Le Président-candidat Hollande a déjà fait plus de 10 milliards d’euros de promesses non financées.
Des promesses qu’il faudra payer, tôt ou tard.
Vous et moi devons réagir maintenant.
C’est pourquoi je vous demande de signer la pétition « Coup d’arrêt dans les dépenses publiques » adressée directement à votre député en cliquant ici.
Et c’est aujourd’hui-même que vous devez agir.
Ainsi, vous, moi, et des centaines de milliers de Français pourront repousser les manœuvres clientélistes du gouvernement.
Chaque pétition reçue compte. Seule une mobilisation massive aura raison de cette spoliation annoncée. Car le Père Noël Hollande, faussement généreux, présente actuellement son budget 2017 devant les députés.
Et vous vous en doutez, les petits souliers des copains pourraient être bien garnis si nous ne mobilisons pas.
Ainsi :
14 000 postes de fonctionnaires vont être créés alors même que nous sommes déjà le pays d’Europe qui en compte le plus : 5,64 millions d’agents !
• Et c’est sans compter la hausse du point d’indice. Quoi qu’en disent les médias, la rémunération des fonctionnaires augmente… En moins d’un an, cela va vous coûter 2,4 milliards d’euros.
La prime annuelle des enseignants va augmenter de 800 euros par enseignant. Tout est bon pour récupérer un électorat qui déserte le PS : 23% d’intentions de vote en moins en 4 ans.
• Et plutôt que d’inverser la courbe du chômage, le Président préfère acheter la paix sociale dans les banlieues avec le RSA jeune (418 à 600 millions d’euros).
Et vous n’avez là qu’un petit échantillon. Je pourrais continuer sur des pages entières.
Au total, on parle d’une hausse de 6,8 milliards d’euros des dépenses pour le seul budget 2017.
Mais vous n’avez pas encore vu le pire. Jugez vous-même :
1) Ce budget 2017 est une vraie bombe à retardement.
En effet, les dépenses les plus lourdes ne seront décaissées qu’en 2018. C’est le futur Président qui en héritera.
Mais ne vous y trompez pas : une dépense votée est une dépense que vous allez payer !
Cela signifie évidemment de nouveaux impôts en 2018 si le budget 2017 passe en l’état. C’est donc bien avant qu’elle soit votée que nous devons lutter contre la dépense publique et les gaspillages.
Mais il y encore plus grave !
2) L’endettement de la France vient de crever un nouveau plafond.
4,5% du PIB en plus en un an (97,5% contre 93% en 2015).
Ce ne sont pas moins de 2 2757 milliards d’euros qui pèsent sur votre tête et celles de vos enfants.
3) Ceux qui ne payent pas d’impôts sont de plus en plus nombreux.
48,5% des foyers fiscaux payent l’impôt sur le revenu en 2016, contre 52% en 2012. Et les baisses d’impôts des uns sont toujours financées par les autres, c’est-à-dire vous et moi !
Ce budget 2017, présenté par le gouvernement, est irresponsable et dangereux !
Il n’y a qu’une seule conclusion possible : nous devons nous mobiliser pour contrecarrer ce véritable détournement de fonds au profit des électeurs potentiels des socialistes. Votre député doit s’y opposer !
Même le Président socialiste de la Cour des comptes, Didier Migaud, parle de « dérapage budgétaire ». Le journal Le Parisien cite ses propos :
« Les annonces successives de nouvelles dépenses publiques qui ne sont ni financées ni gagées par des économies pérennes, font peser un risque sur les finances publiques en 2016, mais encore plus sur les années suivantes. »
Sans réaction de notre part, vous et moi allons supporter de nouvelles augmentations d’impôts et des taxes supplémentaires pour les cinq ans à venir. Alors, c’est aujourd’hui que vous et moi devons nous mobiliser.
Après tout, il doit être le garant du bon usage des deniers publics, en votre nom ! …
Mais aussi, il joue probablement sa réélection l’an prochain.
En lui envoyant votre pétition aujourd’hui, vous lui rappelez aussi que son élection n’est pas acquise, qu’il est sous surveillance. C’est maintenant que vous devez lui faire peur.
Que devons-nous exiger ?
    La suppression immédiate de toutes les mesures clientélistes du budget 2017. Ce n’est pas aux contribuables de payer la campagne électorale de la gauche !
    La mise en place d’une chasse drastique des gaspillages, réclamée à cor et à cri par Contribuables Associés comme par la Cour des comptes.
    L’instauration d’un véritable plan d’économies de 100 milliards d’euros pour rééquilibrer les finances publiques.
    La garantie solennelle de l’arrêt de l’augmentation des impôts et de la création de nouvelles taxes.
Les contribuables comme vous et moi n’en peuvent plus.
Ça suffit ! Trop c’est trop !
Voici ce que vous devez faire :
Envoyez, dès aujourd’hui, votre pétition « coup d’arrêt dans les dépenses ».
Imaginez donc la tête de votre député quand il verra sa messagerie inondée ! Il saura qu’il est sous surveillance, il saura qu’il aura des comptes à rendre.
C’est primordial pour vous et moi.
Par expérience, un député est plus à l’écoute quand il est saisi par l’ampleur de la mobilisation des électeurs de sa circonscription.
Mais si vous ne signez pas votre pétition, il ne saura pas que vous vous êtes personnellement mobilisé aux côtés de Contribuables Associés pour lui demander de s’opposer au budget 2017.
Comme vous vous en doutez, plus nous submergerons nos députés de cartes de mobilisation, plus ceux-ci se sentiront obligés de réagir et de voter contre ce budget irresponsable.
Après tout, ce sont leurs électeurs qui se rebiffent à quelques mois du scrutin !
Les élections législatives ont lieu l’an prochain. C’est le moment ou jamais de faire part de vos revendications, c’est le moment où jamais de faire entendre votre voix. J’ai besoin de vous savoir mobilisé à mes côtés.
Et croyez-moi : il est vital pour vos finances que le budget 2017 soit retoqué.
Sans action immédiate de votre part, vous risquez de payer 10 milliards d’euros d’impôts supplémentaires dès 2018.
D’avance, merci pour votre mobilisation.
 
je signe la petition

Fillon le nouvel espoir libéral de la France ?

Le Parti Libéral Démocrate salue la victoire du plus libéral et du plus audacieux des candidats de la primaire des républicains.

La France qui se reconnait dans les valeurs de la droite et du centre a exprimé une attente claire et forte, celle de la liberté.Liberté économique et liberté sociale. Un Etat fort et recentré sur son domaine strictement régalien. Cette France a largement démenti les calculs des journalistes et des sondeurs qui restent enfermés dans leur vision étatiste de la société. Au lieu de voter «contre» un candidat, les citoyens qui se sont déplacés ont voté «pour» un projet de réformes radicales indispensables.
Cette dynamique démocratique est d’autant plus réjouissante qu’elle contraste avec les participations moroses des français aux dernières échéances électorales.
Son résultat est porteur d’un espoir considérable pour notre pays et les idées libérales, même si le libéralisme de François Fillon reste encore timide. C’est pourquoi nous l’encourageons à proposer demain une réforme fiscale plus ambitieuse, celle de la flat tax, une flexibilité plus ample du marché du travail, l’instauration de la retraite par capitalisation et l’ouverture du RSI à la concurrence. Nous espérons aussi voir dans son programme le recours au référendum systématique sur les finances locales et des conceptions plus modernes sur le plan sociétal. Nous souhaitons enfin le voir prendre davantage de distance avec la présidence russe dont la ligne n’est souvent pas conforme à nos valeurs humanistes et libérales, pas plus qu'aux intérêts de la France et de l’Union européenne.
C’est parce qu’il a assumé une orientation clairement libérale, à rebours des autres candidats, qu’il a reçu le soutien de presqu’un électeur sur deux à la primaire. Ils se sont portés hier sur le candidat qui propose un régime drastique pour faire fondre l’Etat obèse qui entraîne notre pays par le fond. Celui aussi qui a cité Margaret Thatcher comme modèle, elle qui a redressé son pays quand il avait besoin du FMI pour régler le salaire de ses fonctionnaires. François Fillon doit transformer l’essai dimanche prochain, tout d’abord contre Alain Juppé au conservatisme proche de l’immobilisme.
Nous suivrons favorablement la suite de son parcours, vraisemblablement jusqu’à l’élection présidentielle. Nous espérons qu’il ne flanchera pas et saura accentuer l'audace de son projet.
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jeudi 17 novembre 2016

Fillon ou Macron : qui est le plus libéral ?



Ex-Premier ministre contre ex-ministre de l'Economie : qui de Macron ou de Fillon est le plus libéral ?

François Fillon et Emmanuel Macron occupent tous deux un créneau politique assez libéral. Pour autant, l'ancien Premier ministre l'est essentiellement sur le plan économique, quand Emmanuel Macron semble l'être aussi sur des questions plus sociétales.

Publié par atlantico le 17 novembre 2016
 
Monsieur le Premier ministre,
Cher François,
Votre projet m’intéresse. Depuis que vous avez déclaré en 2014 avoir pour modèle Margaret Thatcher, vous n’avez pas changé de trajectoire. C’est tout à votre honneur dans un pays où l’élite parisienne a banni le mot « libéral » - et les valeurs de liberté et de justice qui en découlent - de son vocabulaire. Je m’avoue peu tenté d’aller voter à la primaire de votre formation. Les différences éthiques et philosophiques entre le Parti Libéral Démocrate que je préside et votre formation sont trop grandes. Les républicains, comme le PS, continuent à bloquer la vie démocratique de notre pays : cumul des mandats, financement public des partis, absence de proportionnelle... Prétendument pour freiner la montée – qu’ils ne font qu’accélérer par dépit – du FN, en réalité pour s’accrocher au pouvoir par tous les moyens. Quant aux candidats qui dénoncent ce système qu’ils ont connu de l’intérieur - Rama Yade et, depuis cette semaine, Emmanuel Macron -, ils doivent subir les quolibets du cercle complice des journalistes politiques au cynisme et à la suffisance insupportables.
La primaire à laquelle vous participez illustre bien cette asphyxie du débat démocratique. Partant d’un bon sentiment – le débat d’idées -, ce scrutin privé fait vivre la France depuis de – trop - longs mois au rythme de la larme, du dérapage, de la blague – de prisunic - et, très accessoirement, des propositions phares de ses candidats. Pas un café, pas un repas, pas une rencontre d’amis ou, même, de simples relations sans débattre de cet événement surmédiatisé : voter ou non, vote utile ou vote de conviction, qui sera troisième... Les mêmes qui affirmaient il y a peu en avoir ras-le-bol des professionnels de la politique. Une fois de plus, les communicants ont eu raison. Ce jeu de massacre est une géniale idée pour inonder l’actualité plus longtemps que le Tour de France, les JO et l’Euro de football réunis. Les Français ont beau exprimer une volonté forte de changement, ils se retrouvent à ne parler que des mêmes éternelles têtes du système. Jusqu’à saturation. Très discrète ces derniers mois, Marine Le Pen s’en frotte les mains d’avance.
Ma distance avec votre formation ne m’interdit pas de tenter de discerner les visions plus audacieuses qui en émergent. Vous avez un atout, celui de vous distinguer du lot en assumant avec une constante sérénité des valeurs conspuées par la caste à laquelle vous appartenez. Je ne vous cache pas que votre soutien répété à Vladimir Poutine me dérange. Entretenir une relation de confiance avec la Russie ne signifie pas apporter une caution à son dirigeant qui s’est transformé, au fil de ses mandats, en tyran menaçant ses voisins. Aujourd’hui l’Ukraine, demain la Géorgie et les pays Baltes ? Sans être réac, vous tenez aussi un discours excessivement conservateur sur les questions familiales et, plus largement, sociétales pour l’amoureux des libertés que je suis. Je suppose par conséquent que vous n’accepterez pas de mettre fin à la prohibition contre-productive du cannabis en France. C’est bien dommage, son usage ferait le plus grand bien à certains de vos collègues et concurrents surexcités.
Si ces points n’ont pas la même importance que l’emploi et la croissance pour redresser notre pays à court terme, ce sont néanmoins les éléments clef d’une qualité de vie et d’une liberté auxquelles sont profondément attachés bon nombre de nos concitoyens. C’est la raison pour laquelle le think tank de Gaspard Koenig, Génération Libre, ne vous attribue que la deuxième place sur son podium libéral avec 12/20. Le premier candidat – en fait une candidate – n’obtient pas beaucoup plus avec 13/20, tristement passable à cause de sa teinte bien plus étatiste que vous sur le plan économique.

Vous allez le plus loin dans la réforme de l’Etat : restriction du statut particulier de la fonction publique aux fonctions strictement régaliennes de l’Etat, coupes drastiques dans la dépense publique en supprimant des pans entiers de notre bureaucratie, retour de la semaine à 39 heures dans le secteur public, alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général du secteur privé… C’est le seul moyen permettant enfin de promouvoir l’innovation et l’amélioration de la productivité dans les administrations, de valoriser la performance individuelle comme l’attendent les fonctionnaires travaillant avec un niveau d’exigence. Votre règle d’or fixant dans la constitution un plafond d’endettement de l’Etat va aussi dans le bon sens après plus de 40 ans d’irresponsabilité budgétaire (le dernier budget équilibré remonte à 1974).
Vous obtenez aussi la meilleure note de Génération Libre sur les questions du « droit du travail », rouage essentiel pour libérer la croissance et l’emploi dans le pays, êtes quasiment premier dans le domaine fondamental de l’éducation, premier sur la question du logement bloqué par les lois SRU et ALUR, de la laïcité, de la santé et même de celle, très régalienne, de la défense. A écouter les Français de sensibilité libérale, bien plus nombreux que les médias ne l’imaginent – votre remontée récente dans les sondages le confirme -, ce programme les motive à vous soutenir, en tout cas au 1er tour de cette primaire. Même si vous n’allez pas encore jusqu’à promouvoir un impôt proportionnel sur le revenu – flat tax – ou une baisse drastique de l’impôt sur les sociétés.
Irez-vous plus loin dans la refonte de notre modèle social ? La candidate Rama Yade a déjà avancé des mesures radicales pour restaurer une vraie démocratie sociale avec la suppression du financement public des syndicats et l’autorisation de présenter des listes indépendantes au premier tour. Emmanuel Macron a proposé de retirer l’assurance chômage des mains des partenaires sociaux – bonne chose - pour la confier à l’Etat, solution pas franchement libérale. Rama Yade assume quant à elle une position plus claire : l’ouvrir au jeu vivifiant de la concurrence pour que chacun puisse choisir la protection qu’il juge la plus efficace contre le chômage.
L’ouverture à la concurrence du RSI - la sécu des commerçants, des indépendants, des artisans et des entrepreneurs, plus de 6 millions de Français – constituerait un bon test pour celle de la sécurité sociale dans son ensemble. Du côté des retraites, la réduction de la répartition au profit de la capitalisation renforcerait en même temps notre économie assoiffée de capitaux et les niveaux futurs des pensions. Bref, il vous reste du chemin à parcourir avant de réellement promouvoir une nouvelle protection sociale moins coûteuse et plus adaptée aux besoin et aspirations des Français. Ne faiblissez pas, Emmanuel Macron devrait nous surprendre – il faut l’espérer - par la modernité sans tabou de ses propositions à venir sur ce plan.
Sur les questions sociétales, je ne vois pas comment pourrait émerger un discours libéral au sein des républicains, votre parti. La ligne droitière de ses présidents successifs et de la plupart de ses cadres dirigeants est incompatible avec cette facette essentielle de la liberté individuelle. Je ne vois pas non plus votre parti défendre la restauration de l’Etat de droit – application des grands principes de Droit et séparation des pouvoirs. Le soutien massif des républicains aux lois LOPPSI 2 et Renseignement puis, aujourd’hui, à l’instauration du fichier biométrique TES, parle de lui-même. Votre vision de la laïcité n’est pas plus respectueuse des libertés individuelles. Sur ce plan, Emmanuel Macron s’est vraiment démarqué en affichant un respect bien plus anglo-saxon et apaisé des cultes et pratiques communautaires. Voilà pourquoi, comme tant d’autres électeurs, je crois de moins en moins dans la capacité des grands partis – LR ne faisant pas exception - à couper avec cette pensée unique du jacobinisme bureaucratique et de l’Etat nounou en charge de gérer le moindre recoin de notre vie privée.
Vous gardez une certaine avance sur Emmanuel Macron dont le programme se cantonne à des principes sympathiques mais encore bien vagues. C’est bien naturel, votre scrutin se tient dimanche, le sien fin avril. Mais le soutien relatif qui se dessine en votre faveur pourrait bien vite s’estomper au profit d’une ligne plus moderne et cohérente si vous n’allez pas plus loin dans la direction que vous avez choisie. Vous avez toute ma sympathie pour ce premier tour que je vous souhaite de remporter. Je ne peux que souhaiter aux républicains de vous avoir pour candidat. Peut-être même irai-je finalement me promener avec ma carte d’électeur en poche du côté de l’un des 10.000 bureaux de vote dimanche. Mais mon espoir pour 2017 restera attaché à celle ou celui qui alliera aux propositions économiques proches des vôtres une vision « grand angle » de la liberté.

Par Aurélien Véron, article paru dans atlantico le 17 novembre 2016

jeudi 10 novembre 2016

Congratulation, Mister President ! mais ---




Je vous adresse toutes mes félicitations pour votre victoire sans appel. Vous avez vaincu Hillary Clinton en vous appuyant sur une mobilisation historique des citoyens américains. Après avoir terrassé vos concurrents républicains, vous remportez une victoire éclatante aux Etats-Unis. Vous, milliardaire new-yorkais, êtes venu à bout de Jeb Bush et de Clinton, belle revanche sur l’establishment. 
Bravo pour ce hold-up électoral ! mais ---

Publié par atlantico le 10 novembre 2016

Il est tentant - c’est la base du populisme - de s’enthousiasmer pour votre coup de balai que tant attendaient. Même depuis la France. Aussi professionnelle soit-elle, Hillary Clinton n’est-elle pas soupçonnée de mensonge, de triche et de corruption ? Je ne vous cache pas que voir nos journalistes politiques et nos experts auto-patentés unanimement pro-Clinton en si grand désarroi ce matin est réjouissant. Ils sont les premiers responsables du recul du « consentement démocratique », à force de vouloir imposer leur vision du bien et du mal et d’additionner les défaillances éthiques par la sélection biaisée de l’information.

Quittons le champ des émotions primaires. Ma réflexion m’amène tout de même à un jugement profondément négatif, non pas tant sur votre personnalité haute en couleur – nourrie de provocations sexistes et racistes, bien calibrées sur le plan de la communication - que sur celui du programme. Votre victoire, je le regrette, marque autant l’échec du « système » que la victoire de propositions démagogiques car irréalistes. Votre apparent rejet intégral – réel ou simple choix tactique ? – de toute immigration mexicaine ou « musulmane » est pathétique, révoltant. Retour au nativisme blanc et protestant des premiers temps de votre jeune nation ? Vos mesures protectionnistes – tarifs douaniers, annulation du traité transatlantique, suspension du TTP… - associées à un plan keynésien de relance par la dépense publique s’annoncent dramatiques. C’est cette recette qui a exporté la crise américaine de 1929 en Europe et engendré la gigantesque dépression économique mondiale des années 30, qui a contribué à engendrer la Seconde guerre mondiale. Aucun libéral ne peut défendre ce type de discours de repli sur soi.
Vous aurez d’ailleurs fort à faire avec le parti républicain que vous ne contrôlez pas. Les modérés et les libéraux – libertariens au sens américain – n’auront aucun scrupule à s’opposer à vous comme ils l’ont fait tout au long de votre campagne. Le sénateur libéral – réélu – Rand Paul ne vous a-t-il pas déjà traité d’illusionniste narcissique au visage orange, ne produisant que du vent ? Je me permets de vous recommander la lecture de quelques auteurs pour vous construire une pensée digne de ce nom : Friedrich von Hayek, Milton Friedman et même un Français, Frédéric Bastiat. Vous y trouverez les recettes pour le renouveau économique, qui ont fait leurs preuves avec Ronald Reagan dans votre contrée mais aussi ailleurs (Margaret Thatcher au Royaume-Uni, pays baltes,  Nouvelle-Zélande et Australie sous les gouvernements travaillistes des années 1990, etc.).

Le partage des pouvoirs – autre concept libéral - n’est par ailleurs pas un vain mot chez vous contrairement à la France. Vous devrez vous soumettre, en tant que 45e président des Etats-Unis, à l’autorité de multiples institutions indépendantes dans leur domaine de compétence. Il est par conséquent heureusement probable que votre proposition d’éliminer sans autre forme de jugement les familles des terroristes, digne d’un Rodrigo Duterte aux Philippines ou de Daech, sera rejetée par la Cour suprême. Votre rôle sera cependant déterminant pour l’avenir des Etats-Unis. Vous devrez nommer au moins un premier juge sur les 9 qui composent la Cour suprême. Peut-être aurez-vous l’occasion d’en nommer d’autres au cours de votre (vos) mandat(s). Ces neuf personnalités nommées à vie ont un pouvoir autrement plus important que le vôtre dans l’évolution de votre pays.
Nous attendons tous à ce stade la composition de votre équipe pour en savoir davantage, vous qui êtes profane en matière politique. Elle sera déterminante pour mener une politique cohérente, en bien ou en mal, ou pour au contraire poursuivre dans l’action l’improvisation de votre campagne fantasque et, finalement, très creuse. Votre discours de victoire sympathique  - assez rare pour être noté – mais décousu est hélas éclairant sur ce point. Vous n’avez pas plus offert de vision qu’auparavant, ni aucun programme à vos concitoyens. Winners and loosers, is that all ? Vous n’aviez manifestement pas préparé de discours historique pour cette victoire inespérée. Vous attendiez-vous à gagner après tout ?
Tout n’est ni blanc, ni noir. Vous n’êtes peut-être pas être le diable tant dépeint – l’origine de votre popularité - dans la presse. Mais je me rassure tout de même en gardant à l’esprit que le régime américain n’accorde pas autant de pouvoirs au président que la Constitution française de 1958 au sien. Vous devrez composer avec un Congrès qui promet d’être réticent, voire de bloquer vos propositions les plus choquantes, comme l’encouragement à recourir à la torture.
L’annonce de votre élection n’a pas autant remué les marchés que certains l’imaginaient. L’impact du Brexit avait été beaucoup plus violent. Les grands acteurs économiques ne craignent apparemment pas les dégâts que vous pourriez causer à votre pays… et par extension au monde. Peut-être parviendrez-vous même à calmer les tensions au Moyen-Orient en vous en retirant après le champ de ruine laissé par vos prédécesseurs ?  Réduirez-vous votre soutien à l’Arabie Saoudite et aux monarchies du Golfe tant qu’elles entretiendront des relations ambiguës avec la nébuleuse islamiste qui cherche à déstabiliser le monde et, plus particulièrement, l’Europe, ce « ventre mou de l’Occident » que vise Daech ? Allez-vous sortir la dictature islamiste turque de l’OTAN, seule organisation en charge de protéger l’Europe à ce jour, hélas sous votre tutelle quasi exclusive ? D’autant que vous menacez de ne pas faire intervenir l’OTAN en cas d’attaque de la Russie. Même dans les Etats baltes et en Pologne, membres de l’Union européenne ?

En France, certains voient dans votre victoire le prélude à celle de Marine Le Pen. Comme vous, elle rêve de fermer notre pays aux étrangers, aux musulmans et à la mondialisation. A votre différence, elle incarne le système et vit de l’argent public depuis de trop nombreuses années. Contrairement à vous, elle ne connaît rien à l’entreprise, ni à l’emploi. Sa culture et son expérience personnelle se réduisent à l’Etat. Ce n’est pas un hasard si son bras droit, Florian Philippot, est un énarque qui ne connaît pas plus le secteur privé. Votre élection bouscule tout de même les cartes. Et pas seulement en France. Dans toute l’Europe avec le referendum italien du 4 décembre prochain et les élections en France et en Allemagne l’année prochaine.

L’économie américaine est bien repartie, ne l’enrayez pas par des mesures électoralistes aux conséquences nocives pour l’emploi et le pouvoir d’achat des Américains. Congratulation and all the best, Mister président.

Par Aurélien Véron, article paru dans atlantico le 10 novembre 2016

vendredi 4 novembre 2016

Nos libertés s'étiolent toujours plus et les Français courbent l'échine docilement ---



Oubliez toute vie privée, le fichier des "honnêtes gens" est né

Après la loi renseignement, la gauche a récemment signé un nouveau décret ultra-sécuritaire, qui devrait contraindre l'ensemble des Français à livrer leur patrimoine génétique à l'Etat.

Publié par atlantico le 3 novembre 2016

La gauche n'a pas les scrupules de la droite pour piétiner allègrement notre droit – universel, faut-il le rappeler ? – à la vie privée. Là où la droite avait finalement renoncé en 2012, la gauche a discrètement signé le décret liberticide vendredi 28 octobre, dans la brume des vacances de la Toussaint. Mais après tout, n'est-ce pas cohérent de la part de ceux qui ont déjà conçu et voté la loi renseignement ? Dorénavant, chaque Français devra livrer son patrimoine génétique à l'État en croisant les doigts pour que le pouvoir ne tombe pas dans d'encore plus mauvaises mains dans les prochaines décennies. En pleine montée des populismes, ce fichier a de quoi inquiéter.
 
Les promoteurs de cette vision ultra-sécuritaire répètent leur mantra qui ne trompe que les naïfs : "ceux qui n'ont rien à se reprocher n'ont aucun raison de s'inquiéter". En oubliant volontairement que nous avons tous quelque chose à cacher aux yeux de l'État : cela s'appelle précisément la vie privée. Cette logique  d'intrusion sans bornes nous mène progressivement à l'omniprésence des contrôles dans nos vies pour sanctionner la consommation de produits illicites, les négligences fiscales, les dépassements de vitesse, la tenue de propos interdits et, bientôt, les simples pensées transgressives que la loi ne devrait pas tarder à condamner. Mais aucun des tenants de cette ligne dure ne répond aux risques de dérives que la centralisation de ce type de données fait naître.
Certes, cette mesure permet d'authentifier des demandeurs de carte d'identité et de passeport, d'éviter en particulier les fraudes et autres usurpations d'identité. Le fichier TES (Titres Electroniques Sécurisés) contiendra pour ce premier motif non seulement le nom, le sexe, la date et le lieu de naissance de chaque citoyen, mais aussi des informations plus sensibles : couleur des yeux, taille, image numérisée du visage et des empreintes digitales. Il pourra inclure enfin "l'adresse de messagerie électronique et les coordonnées téléphoniques du demandeur, lorsque celui-ci a choisi d'effectuer une pré-demande de titre en ligne". 
Mais cet outil d'information pourrait bien intégrer les mêmes données des parents ainsi que leur nationalité. L'administration française aime bien connaître les origines de chacun, c'est une vieille tradition de surveillance qui a prouvé son efficacité dans la chasse aux opposants politiques ou pour rafler les Français juifs. On ne se refait pas. Il existe pourtant bien d'autres manières moins intrusives de vérifier l'identité des personnes. Les passeports biométriques permettent de réconcilier l'identité de leur détenteur avec les données biométriques grâce à une puce intégrée, sans besoin de fichier. Le développement de nouvelles technologies telles que le Blockchain offriront rapidement des alternatives fiables et sûres sans s'encombrer de fichiers susceptibles d'être détournés de leur objectif initial.
Personne ne peut non plus ignorer le risque de piratage d'un tel fichier national. Le fichier STIC de la police nationale disposant d'informations hautement sensibles a été percé par des pirates malins. Le secteur privé n'échappe pas davantage à ce fléau comme Yahoo l'a appris à ses dépens récemment. Voulons-nous risquer de voir ces précieuses informations sur l'ensemble des Français volées pour être exploitées contre nous à notre insu ? Le monde nouveau rend l'usage de ce type de fichier  - et son possible détournement - explosif pour les 65 millions de citoyens captifs.
 
Le décret facilitera également l'identification des personnes. Comment ne pas se réjouir de cet outil radical – tous fichés ! – pour retrouver l'identité de cadavres ou de personnes amnésiques, mais aussi de délinquants et criminels – présumés – qui auraient laissé une trace génétique sur le lieu de leur méfait ? Le rêve peut vite se transformer en cauchemar, et les "honnêtes gens" se retrouver suspects dans des affaires qui ne les concernent pas. Car ces indices génétiques donnent de précieux renseignements non seulement sur une personne donnée mais sur toute sa lignée : ascendant, descendant ou collatéral. Big Brother pourra mieux savoir que vous de qui vous êtes l'enfant et de qui vous ne l'êtes pas. Nous pourrions surtout tous nous retrouver soudain convoqués et livrés aux médias par simple "proximité génétique". 
Ne souriez pas, c'est arrivé aux États-Unis dans l'affaire de l'assassinat d'Angie Usry en 1996 qui s'est terminée par la condamnation douteuse de Chris Tapp. Le frère du suspect – jamais retrouvé – s'est retrouvé mis en cause et a dû batailler ferme pour établir son innocence. Cette méthode de la pêche aux proches de suspects et de criminels promet un sacré stress – et une intrusion appuyée dans leur vie privée – à nombre de citoyens qui auront la malchance de partager des gênes avec de vrais – ou supposés vrais – criminels. Dorénavant, toute trace physique collectée à notre insu sera susceptible d'être utilisée à bon… ou à mauvais escient comme l'a fait remarquer la CNIL dont nous nous posons toujours la question de l'utilité. Lorsque ses remarques sont judicieuses, elles ne sont jamais reprises.
Ce fichier ne sera pas dans les mains de n'importe quelle administration, et surtout pas celles des magistrats, derniers garants du respect du droit. Son exploitation relèvera de la police et des douanes. Autant dire des anges respectueux du droit… tant qu'il ne s'agit pas de personnalités politiques, syndicales, d'avocats ou de journalistes gênants. Les récentes affaires Squarcini et Flaesh nous rappellent à quel point la hiérarchie policière peut être inféodée au pouvoir en place et exploiter les outils les plus scandaleusement intrusifs tout à son profit. Elle l'a fait sans s'embarrasser de précautions jusqu'ici, d'où les instructions en cours. Il est facile d'imaginer que les futurs patrons des services de l'Intérieur agiront avec plus de finesse à l'avenir pour exploiter la richesse de ces données intimes de 65 millions de Français.
Nous l'avons vu, il existe des alternatives fiables et sûres pour garantir l'authenticité de l'identité de chacun. L'usage policier de nos données génétiques constitue un risque bien trop élevé rapporté aux bénéfices attendus. Nous ne pouvons rester indifférents à l'accumulation de textes qui amenuisent nos libertés, la protection de notre vie privée et nos défenses naturelles et légitimes contre les abus latents du pouvoir. Voilà pourquoi nous devons massivement nous mobiliser pour exiger le retrait de ce texte dangereux.
 
Par Aurélien Véron, article paru dans atlantico le 3 novembre 2016